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Vendredi 23 mai 2008

Je conteste

 

 

Je conteste, tu contestes, il conteste

Nous contestons ensemble

Dan la houle des hommes émerveillés

Qui vient battre les flancs des rues, falaises.

 

Quand les pavés éclatent aux quatre coins

De la rue désarticulée

Sous les coups des barres de fer.

Quand la marée noire des C.R.S.

Éteint les soleils de feu

Des cocktails brûlants

De colère trop longtemps retenue.

 

J'aime vivre !

*


Vol  de  paves

 

 

Un pavé, deux pavés, trois pavés

Dans l'immense mare aux canards

 

Un pavé, deux pavés, trois pavés

Pour tous ceux qu'en avaient marre !

 

Ils n'ont pas compris la plupart

Pourquoi ça leur arrivait

Ils ont seulement senti le départ

D'un grand souffle de liberté.

 

Un pavé, deux pavés, trois  pavés

Le grand air c'est bon mais ça grise

Quand on n'y est pas habitué

Alors on casse quelques pare brises

 

Les pavés volent dans le ciel

Des étrangers s'parlent dans la rue

Les pavés volent dans le ciel

Des étrangers se sont r'connus.

*

Un étudiant, Un ouvrier, Un C.R.S....S.S.?

Un ouvrier, Un communiste ,

Un pavé perdu

Un C.R.S., Un étudiant, La C.G.T....

S.S. ?

Un étudiant, un gauchiste,

Un pavé perdu.

 

Ils ont commenté la bataille

Ils ont débattu

Ils ont parlé de mitraille

ils se sont souv'nu

Ils ont rentré la marmaille

Ils étaient battus

 

Un pavé, Un carré blanc

Un " Pompidou  des sous !"

Ils ont défilé dans la grisaille

Des slogans mous.

*

Alors la Poésie assassinée creva aux bords d'éditoriaux mal écrits dans un français correct,

Entourée de l'Académie des gens bien élevés

Qui  regrettaient déjà de s'être si mal conduits

En ces instants d'égarements ou ils avaient faillis devenir eux mêmes s'en s’en apercevoir.

 

Un pavé, deux pavés, trois pavés.

Quelle est dérisoire la violence de la rue

Quand elle vient briser son avalanche

Sur le bloc compact de la bêtise.

 

Quelle génération maudite a tué la liberté d'être fou

La liberté d'être jeune,

La liberté d'être,

La Liberté.

Aux sons des cocoricos sonores de ses batailles mortes

Elle a rallié à son panache multicolore

Les tanks nostalgiques des flèches strasbourgeoises

 

Quel ordre dérisoire, insigne de sa faiblesse Elle a porté encocardé

D'onde en ondes

D'image en images

De bleu blanc rouge en tricolore républicain

De Champs-Elysées en Elysées sabordeurs

De Radio-juana en télé-caïne

De L.S.D. en U.D.R.

 

La drogue qui rend fou : l'ordre historique

Un peuple au garde à soi qui s'enferme lui même

Un pavé, deux pavés, trois pavés


              Quelle géométrie dans l'orgasme
Par GEIGER richard - Publié dans : Poésie
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